Bienvenue à Ansouis
"Bienvenue à Ansouis"

Ansouis : au centre du pays d'Aygues, avec le Grand Luberon et la Durance pour horizons, le village perché est couronné par un château millénaire (lire la suite)

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L'Église


La paroisse d'Ansouis apparaît dans les textes vers la fin du XIè siècle (1092 ?) comme une dépendance du chapitre cathédral d'Aix, dont elle constitua jusqu'à la révolution l'une des prébendes (revenu attaché à un titre écclésiastique). L'édifice actuel peut difficilement être daté en l'absence de textes précis, mais n'est probablement pas antérieur à la fin du XIII ° siècle, car il est adossé à l'intérieur de la première enceinte urbaine, dont la courtine lui sert d'élévation antérieure et dont les archères ont alors été murées.

Il se compose d'une nef de trois travées et d'un vaisseau transversal voûtés en berceau brisé. Le vaisseau, que complète une abside de plan carré encadrée de deux absidioles, dont l'une condamnée et l'autre transformée en sacristie, constitue peut-être un vestige d'un précédent édifice : on y remarque de nombreuses marques de tâcherons (absentes de la nef) et divers éléments sculptés, cordons et impostes ornés de motifs géométriques et végétaux, culots figurants des têtes humaines ou animales, apparemment remployés dans la construction. La présence du mur d'enceinte a imposé une importante distorsion de plan entre le chœur (vaisseau transversal et abside) et la nef qui a sans doute remplacé une précédente nef plus petite, non appuyée contre l'enceinte.

L'élévation antérieure, percée d'une porte dont l'archivolte retombe sur deux colonnettes, conserve sept de ses archères. Un clocher-mur percé de quatre baies surmonte l'arc triomphal. En 1997, lors de la réfection de la toiture dallée, deux nouvelles cloches, Sainte Roselyne et Saint Martin, réalisées par la fonderie Granier Père et Fils à Malagas sont venues rejoindre leurs aînées, Sainte Delphine et Saint Elzéar.

Eglise d'Ansouis

Cette église, bâtie vraisemblablement à l'époque où le village connaissait son maximum démographique, n'a pas été agrandie par la suite et n'a subi que quelques remaniements de détail. On a notamment relevé les murs Ouest, Sud et Est par-dessus la toiture avec des pierres à bossages rustiques provenant selon toute probabilité du Château : cet aménagement doit être mis en relation avec la démolition, au cours du XVI ° siècle, de la partie méridionale de l'enceinte castrale et son emplacement par l'ancienne enceinte urbaine du XIII ° siècle ; la surélévation des murs eut pour but de fortifier l'église, complétant ainsi le nouveau système défensif renforcé par le bastion construit immédiatement à l'Est de l'église, et possédait peut-être un couronnement crénelé à la place de l'actuelle murette en blocage.

Du XVI° au XVIII° siècle, les procès verbaux des visites pastorales successives montrent que l'église fut régulièrement entretenue, les réparations les plus fréquentes et les plus onéreuses concernant la toiture en lauzes et l'ornementation des autels dont le nombre s'éleva progressivement jusqu'à neuf (en 1920). La présence du Château au Nord, l'exiguïté du cimetière (actuelle place) au Sud rendait impossible la construction de chapelles latérales.

Pour gagner un peu d'espace, les paroissiens se contentèrent d'édifier des tribunes : il y en avait trois en 1620 (deux dans la nef, une dans le chœur, toutes démolies par la suite) ; on voit encore dans la première travée de la nef l'arrachement d'une quatrième tribune dont l'aménagement semble dater, comme la reprise en blocage du mur occidental, du XVII ° siècle. Cet édifice fut inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques en 1925. (ce texte est extrait de "Inventaire Topographique Pays d'Aigues").